Notre Seigneur

Lors de notre baptême nous avons proclamé : Jésus-Christ est Seigneur de ma vie. Nous avons changé de maître. Nous avons quitté le maître qui nous disait de ne nous soucier que de nous-même et de chercher une vie confortable et facile. Et nous nous sommes donnés, volontairement1, au Seigneur. Il ne s'est pas imposé à nous par la force, ni par la séduction ou la manipulation, mais par l'amour2. Nous avons choisit qu'il soit Seigneur : il est donc vraiment notre Seigneur. Tout vrai chrétien peut dire « Jésus-Christ est mon Maître ».

Mais le Christ, qui est le Seigneur des chrétiens, s'il ne s'impose pas (répétons le) n'a cependant aucune intention de partager. Quand on le reconnaît comme Seigneur, alors en ce qui concerne notre vie, il est Seigneur de tout. Sinon il n'est pas Seigneur du tout. On ne peut pas aimer deux maîtres et a fortiori encore moins trois ou quatre ou plus. Il faut choisir. Telle est notre difficile liberté. Et si nous choisissons Jésus-Christ comme Seigneur, c'est dans le baptême que ce choix devient effectif, comme une signature au bas d'un contrat de mariage, c'est pourquoi il est un moment si fort dans notre vie.

Il est exclu « qu'après avoir reconnu Jésus-Christ nous puissions encore cependant reconnaître d'autres Seigneurs, invoquer la puissance du destin, les forces de l'histoire ou les lois de la nature, comme des réalités qui en définitive nous tiendraient encore sous leur puissance »3. Un disciple de Jésus demeure dans sa Parole. Il ne s'en remet pas à une source de sagesse qui lui serait contradictoire.

Si Jésus est notre Seigneur, nous sommes prêts à tout pour lui, selon ce qu'il nous demandera4, ce qui veut dire selon les talents qu'il nous donne et les circonstances dans lesquelles il nous place.

Si Jésus est notre Seigneur, il est le seul chemin sur lequel nous marchons5. Il ne peut pas y en avoir d'autre. Toute direction que nous prenons dans notre vie doit être évaluée à la lumière de la manière dont Jésus marchait6.

Si Jésus est notre Seigneur, il est le seul médiateur entre Dieu et nous7. C'est à dire qu'il est la clé de notre relation avec Dieu et nous ne comprenons Dieu que par Jésus ce qui exclue toute autre médiation, si proche soit-elle elle-même de Jésus. Si nous avons une relation avec le Père par le Fils, le Père lui même a une relation avec nous par le Fils8. Le Fils est la pierre angulaire de notre relation avec Dieu9.

Si Jésus est notre Seigneur, il est notre priorité absolue10. Rien ne peut passer avant sa volonté. C'est donc dans l'amour pour Jésus, dans la passion que nous lui portons que nous pourrons trouver la force d'accomplir sa volonté, et dire comme Paul :

ce n'est plus moi qui vis,
c'est le Christ qui vit en moi ;
ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi du Fils de Dieu,
qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi (Galates 2,20).


Notes

Dans le cas d'un baptême d'adulte. En cas de baptême enfant, on peut se demander à quel point l'engagement envers le Seigneur est possible, la procuration dans ce genre de démarche étant malgré tout soumise à caution.

2Coritnhiens 5,14

Karl Barth, Esquisse d'une dogmatique, Cerf/Labor et Fides, Paris/Genève, 1984 – Ce texte est un un cours de théologie qui date de 1946

Voir par exemple : Luc 9,23-26 ; Luc 14,25-35

Jean 14,6

1Jean 2,6

1Timothée 2,5

Matthieu 11,27 ; Jean 15,16 ; Jean 16,27

1Pierre 2,4-8

10 Luc 9,57-62