L'Esprit de Sainteté

La Sainteté de l'Esprit

Seul Dieu est saint (Lévitique 20,7 ; Apocalypse 15,4). Cela fait partie de sa nature. Dieu n'est pas un homme, il est le « tout Autre ». Et son Esprit est aussi un Esprit de sainteté (Romains 1,4).

Déjà les prêtres de la communauté israélite insistaient sur la sainteté (ce sont eux qui ont écrit le Lévitique qui contient le code de Sainteté). Pour eux, il y a ce qui est pur et ce qui est impur ; ce qui est sacré et ce qui est profane ; la lumière et les ténèbres... Et il y a ce qui est saint et ce qui ne l'est pas.

« Saint »veut dire être séparé, être mis à part. Mais cela s'opère de deux manières : être « séparé de » et être « mis à part pour ». Et l'Esprit de Dieu est « saint » car il est séparé de l'esprit de servitude au péché, et il est mis à part pour mettre en œuvre la volonté de Dieu. L'Esprit est donc missionné par sa nature même. Et les auteurs bibliques ont utilisé différentes allégories qui nous expliquent le rôle de l'Esprit et en quoi il est Saint.

L'une des allégories la plus connue c'est la colombe. Elle descend (Matthieu, Marc, Luc) et demeure (Jean) sur Jésus lors de son baptême pour montrer que l'Esprit-Saint est avec Jésus dès le début et pendant toute la durée de son ministère publique. Dans l'Ancien Testament, la colombe représente la joie et l'amour (Cantique des cantiques 2.14, 5.2, 6.9) ainsi que le commencement d'une nouvelle ère (Genèse 8).

Une autre allégorie est « l'eau vive ». C'est à dire une eau qui bouge, une eau vivante et vivifiante.

En Jean 4, la rencontre entre la samaritaine et Jésus nous parle de cet Esprit qui est comme une « eau vive ». Il fait référence (entre autres) à Esaïe 44,3 et à Ezechiel 47,1-12. A travers cette symbolique on comprend que l'Esprit-Saint répond à nos besoins spirituels (par définition). Il répond à nos besoins existentiels les plus profonds. Et pourtant, qu'il est facile de se tromper quand on cherche à assouvir sa soif (Jérémie 2,13).

Le feu quant à lui est allégoriquement jugement et purification. Selon Luc (3,16) et Matthieu (3,11) le baptême d'Esprit-Saint est aussi le baptême de feu. C'est d'ailleurs l'élément auquel ressemble les langues qui descendent sur les apôtres à la pentecôte (Actes 2,3) et sous l'influence desquelles Pierre prononce par l'Esprit le jugement : « vous avez crucifié Jésus que Dieu avait désigné comme le Messie » (Actes 2,36). Par l'Esprit encore, Pierre donne les clés de la purification : la repentance, le baptême, et la sainteté, c'est à dire se séparer de la perversité du monde (Actes 2,38.41).

Dans l'Ancien Testament le vent, le souffle, l'esprit sont désignés par un seul et même mot1 hébreu. Ce mot désigne l'espace, le volume. A partir de cette racine ce mot a pris la signification de vide, ou de force vitale puis de vent2. Il n'est pas étonnant que le vent soit aussi utilisé pour parler de l'action de l'Esprit-Saint. Jean explique que l'Esprit-Saint est insaisissable comme le vent (Jean 3,18). Et l'arrivée de ce vent insaisissable est encore un élément auquel ressemble l'arrivée de l'Esprit à la pentecôte (Actes 2,2).

L'Esprit est donc une « personne » à part. Lorsqu'on parle d'un rassemblement humain on dit parfois qu'il y règne un état d'esprit. Dans L'Église, rassemblement de ceux qui ont reçu l'Esprit, cet état d'esprit se doit d'être saint !

Questions pour méditer :

- Est-ce que j'ai peur d'être différent des autres ? D'être « à part » ?
- Est-ce que ma vie reflète la colombe (joie, pureté) ?
- Est-ce que ma vie reflète l'eau vive (vivifiante pour les autres) ?
- Est-ce que ma vie reflète le feu (une prédication transformante) ?
- Mon église reflète-t-elle tout cela ? Y règne-t-il un état d'esprit correspondant à l'Esprit-Saint ?


Notes

1 רוּחַ (prononcer rouah)

2 Voir J.P. Lemonon, L'Esprit-Saint... tout simplement, Éditions de l'Atelier, 1998, p.36

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