La sanctification des époux non-croyants ?

Question : quelle est l'explication que tu connais du passage en 1Corinthiens 7,14. Sur le net je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante (peut-être qu'il n'y en a pas !).
Nurhan


1Corinthiens 7,12  Aux autres je dis, c’est moi qui parle et non le Seigneur : si un frère a une femme non croyante et qu’elle consente à vivre avec lui, qu’il ne la répudie pas. 13 Et si une femme a un mari non croyant et qu’il consente à vivre avec elle, qu’elle ne le répudie pas. 14 Car le mari non croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non croyante est sanctifiée par son mari. S’il en était autrement, vos enfants seraient impurs, alors qu’ils sont saints. 15 Si le non-croyant veut se séparer, qu’il le fasse ! Le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ce cas : c’est pour vivre en paix que Dieu vous a appelés. 16 En effet, sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ?


Éléments de réponse :  je n'ai pas vérifié ce qu'on peut trouver sur le net mais voici un commentaire issu d'un livre de papier et carton : « du point de vue de Paul, la décision d'une éventuelle séparation dans le contexte d'un couple mixte revient au seul conjoint non-croyant. Pour celui qui est devenu croyant après son mariage, homme ou femme, la rupture est déconseillée, car sa propre sanctification, œuvre de Dieu, sanctifiera l'ensemble de la famille. Mais il ne saurait se sentir lié si son conjoint non-croyant prend la décision de le quitter ; après tout, il n'est pas certain de pouvoir le gagner à la foi. Qui plus est, être actuellement sanctifié ne signifie pas être sauvé au temps dernier. Ne pouvant s'appuyer ici sur un dire du seigneur, l'apôtre argumente plus longuement, comme pour mieux convaincre du bien-fondé de sa position » (1).

Ce commentaire paraphrase un peu, mais éclaircit bien les choses et fait ressortir la logique de Paul. Et la précision sur la différence entre sanctification et salut est importante.

Si sanctifié veut dire « mis à part » il est vrai que le conjoint du croyant qui vit avec lui et supporte sa vie avec Christ, va être d’une certaine manière « au contact » de la vie chrétienne. Par ailleurs d’un point de vue pratique, s’il y a des enfants et que les conjoints se séparent, comment avoir un impact sur les enfants ? et comment « surveiller » ce que dit l’époux non-croyant (aujourd’hui on pourrait aussi rajouter mal-croyant) aux enfants si on est séparé ? Cette dernière réflexion montre bien à quel point pour le croyant, c’est un travail spirituel à part entière que de vouloir aider son époux et encore plus ses enfants à devenir croyants (au sens paulinien de disciples). C’est le premier ministère auquel est appelé un(e) chrétien(ne) marié(e) à un(e) non-chrétien(ne) puisque il/elle donne sa vie à son époux/épouse.


Note

(1) Daniel GERBER dans Camille FOCANT (Ed), Daniel MARGUERAT (Ed), Le Nouveau Testament Commenté, Co-édition Bayard / Labor Et Fides, Montrouge / Genève, 2012.

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