Question 2 (suite) :

à qui a été payée la rançon ?

A l'article précédent nous avons donné une réponse à cette question. Mais il est également important de saisir les conséquences de cette réponse. Car personne ne peut être esclave de deux maîtres ; en effet, ou bien on détestera l'un et on aimera l'autre, ou bien on s'attachera à l'un et on méprisera l'autre (Matthieu 6,24a - NBS).

Nous étions esclaves du péché, maintenant Christ est venu nous libérer. Mais on ne peut pas partir en sifflotant, les mains dans les poches et en disant "merci ! à la revoyure (1) !". Il nous faut faire un choix. Avant nous n'avions pas le choix : nous étions esclaves du mal (Apocalypse 1,5b). Grâce à l' œuvre de Christ, nous avons le choix : être esclave du mal ou être esclave de la justice (Romains 6,18-20). C'est là la liberté que Jésus nous apporte. Il n'y a pas d'autre alternative. Le choix qu'on fait se voit dan notre vie. si l'on choisit de suivre le Christ, ce choix se voit à travers notre vie de repentance, pas à travers notre religiosité (Luc 6,46).

En Actes 20,28 Paul explique aux anciens d'Ephèse que Christ a acquis l'Eglise par son sang. Mais qui en était le propriétaire précédent ? de qui l'a-t-il acquise ? Du Père ? Non : le Seigneur Jésus Christ, (...) s'est livré pour nos péchés, afin de nous arracher à ce monde du mal, conformément à la volonté de Dieu, qui est notre Père (Galates 1,4 - TOB).

Quelle que soit notre théologie, Christ est mort à notre place (c'est ce que disent les écritures dans des passages comme Romains 6 ; 2Corinthiens 5,19-20 ; Colossiens 2,20-23 ; Hébreux 9,11-15 ; 1Pierre 2,21). Mais cela peut prendre logiquement deux significations :

- La théologie de la satisfaction explique que Dieu doit nous punir, mais qu'il punit son Fils à notre place.

- La Bible et les premiers Pères de l’Église (2) expliquent que nous appartenions au mal, que le salaire (3), c'est à dire la conséquence, du mal c'est la mort (Romains 3,23 ; 6,23).

Nous devrions être condamnés à mourir et d'ailleurs nous sommes morts spirituellement, en conséquence de notre péché, mais Christ a payé pour nous racheter. C'est pourquoi nous sommes engagés envers celui qui a payé la rançon. Nous avons toujours un maître, un Seigneur, nous ne sommes pas libre au sens anarchique du terme, nous sommes libres parce que nous avons le choix de notre maître. Si nous sommes disciples du Christ, nous sommes libérés du péché et esclaves de la justice.

Questions pour méditer :
- Est-ce que je comprend le choix que m'offre Jésus-Christ ?
- De qui ai-je choisi d'être l'esclave en ce monde ?
- Ma vie est-elle en accord avec mon choix ?


Notes

(1) Expression lyonnaise qui veut dire « à bientôt ».
(2) par exemple Irénée de Lyon dans le Préliminaire du livre III contre les Hérésies "...les apôtres leur enseignaient à abandonner les vaines idoles (…) et à attendre son Fils Jésus-Christ, qui nous a rachetés à l'Apostasie par son sang afin que nous soyons, nous aussi, un peuple sanctifié, – lui qui descendra des cieux dans la puissance de son Père, fera le jugement de tous les hommes et donnera les biens venant de Dieu à ceux qui auront gardé ses préceptes".
(3) grec ὀψώνια, la solde de fin de campagne militaire des soldats romains.

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