1Corinthiens 14,29-40

Quant aux prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent. 30 Si un autre assistant a une révélation, que le premier se taise. 31 En effet, vous pouvez tous parler en prophètes, un par un, pour que tous soient instruits et encouragés. 32 Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes, 33 car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix. Comme dans toutes les Eglises des saints, 34 que les femmes se taisent dans les Eglises, car il ne leur est pas permis d'y parler ; qu'elles soient soumises, comme le dit aussi la loi. 35 Si elles veulent apprendre quelque chose, qu'elles interrogent leur mari à la maison ; car il est choquant(1) qu'une femme parle dans l'Eglise. 36 Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou bien est-ce à vous seuls qu'elle est parvenue ? 37 Si quelqu'un se considère comme un prophète ou un être spirituel, qu'il reconnaisse dans ce que je vous écris un commandement du Seigneur. 38 Et si quelqu'un ne le reconnaît pas, c'est qu'il n'est pas reconnu. 39 Ainsi donc, mes frères, aspirez à parler en prophètes, sans empêcher qu'on parle en langues, 40 mais que tout se fasse convenablement et dans l'ordre (NBS).


Paul aimait donner à ses auditeurs de petits proverbes à mémoriser qu'il expliquait ensuite (cf Romains 12 et 13). C'est ce qu'il fait au verset 32 :

Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes.

Après le petit proverbe, il en donne une explication : cette soumission sert à l'ordre dans l'église car si tout le monde parle en même temps, c'est le chaos. Nous sommes en plein dans des chapitres (11 à 14) dans lesquels Paul donne des règles à appliquer dans les assemblées.

Cet argument de l'ordre dans le culte est exprimé au v40 et possède deux composantes :
- la soumission des esprits des prophètes (qui doivent se maîtriser)
- et la soumission des paroles des femmes.
Et cela, pour Paul, est valable « comme dans toutes les églises des saints ». C'est bien dans le cadre de la prophétie (dont le thème encadre celui de la soumission de la femme) que la femme doit se taire. Or si l'on relie ce passage avec le chapitre 11,2-16 de la même lettre on constate qu'il n'est pas interdit à la femme de parler puisqu'elle peut prophétiser (il est d'ailleurs difficile de définir ce que veut dire prophétiser dans les cadre des réunions des églises pauliniennes au premier siècle). Comment saisir cette apparente contradiction ? Si l'on veut être cohérent ce que Paul interdit à la femme, ce n'est pas littéralement de « parler » mais c'est de perturber le culte par des questions ou des commentaires hors sujet.

En effet, parce qu'elles se sentaient libérées en Christ, les femmes avaient tendance à poser des questions à tout bout de champ. La plupart d'entre elles, surtout si elles étaient d'origine grecques, n'avaient pas eu d'éducation. D'où la multitudes de questions probablement inappropriées pour le culte qu'elles posaient. Paul les recadre : s'il s'agit d'apprendre quelque chose, qu'elles demandent à leur mari avant de perturber les réunions.

Ce passage est souvent utilisé avec 1Timothée 2,8-15 par les chrétiens les plus conservateurs pour justifier une certaine notion de la soumission de la femme dans le culte. Mais remis dans son contexte on comprend qu'il s'agit de l'ordre du culte et non d'un droit ou d'une règle.


Note

(1) αἰσχρὸν - aischron est traduit par inconvenant, choquant, malséant, pas convenable, honteux... C'est un adjectif qui traduit le fait de se rabaisser.

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