Colère de Dieu (4) – Comment Dieu gère-t-il sa colère ?

Le prophète Osée, dont le texte fait partie des plus anciens de l'Ancien Testament, écrit ces versets magnifiques qu'on trouve au chapitre 11 dans lesquels Dieu exprime son affection envers Israël comme on exprime son affection envers un bébé (v1.3.4). Il exprime aussi sa déception de voir Israël se tourner vers d'autres dieux (v2). Au v6 cette déception devient colère : alors qu'il a tout fait pour son peuple comme un père pour son fils, il exprime ceci : « Une épée tournoiera dans leurs villes, elle (en) exterminera leurs habitants elle dévorera à cause de leurs projets. 7 Et mon peuple persévérant dans son infidélité, ils appelleront vers (celui qui est) au dessus mais il ne les reconstruira pas ».

Mais au v8 l'affection de Dieu prend le dessus. Dieu pense à la désolation que mériterait l'infidélité du peuple, et à cette pensée, il change d'avis : « Comment te donnerai-je Ephraïm ? (Comment) te livrerai-je Israël ? Comment te rendrais-je semblable à Admah ? Comment te placerai-je dans la situation de Tseboïm ? Mon cœur est tout retourné, plein d'une chaude consolation. 9 Je ne me mettrai pas en colère, je ne chercherai pas à détruire Ephraïm ; car je suis Dieu et non un homme, le Saint au milieu de toi : je n'entrerai pas dans une ville ».

Comment interpréter ce retournement (cette repentance) de Dieu ? La réponse est au v10 : « Ils suivront Yahwéh » tel est l'espoir de Dieu.

Mais où Dieu trouve-t-il donc cet espoir ? En Jésus-Christ ! « car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, pour que quiconque met sa foi en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. 17 Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé. 18 Celui qui met sa foi en lui n'est pas jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas mis sa foi dans le nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3,16-18).

La colère de Dieu est apaisée par Jésus-Christ. Non pas parce que Jésus prendrai sur lui la colère de Dieu et subirait la punition que Dieu aurait dû infliger à l'humanité (ce serait faire l'erreur des théologiens du Moyen Age) mais parce que la croix est le prix du rachat de l'humanité qui s'était vendue elle-même au mal. Ainsi le lien entre Dieu et les hommes est à nouveau rendu possible. Dieu peut à nouveau espérer une relation avec ses créatures qui n'ont plus qu'à accepter le cadeau : « Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l'acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour nous... » (1Thessaloniciens 5,9-10).

La colère de Dieu ne se porte pas sur les hommes, mais sur l'injustice des hommes (Romains 1,18) qui consiste à préférer se donner à d'autres maîtres (à qui ils ne doivent rien si ce n'est une jouissance éphémère – Hébreux 11,25) qu'à Lui (à qui ils doivent tout). Cette colère naît d'une souffrance similaire à celle que des parents pourraient ressentir quand, après avoir mis au monde, soigné, nourrit, éduqué leur enfant, celui-ci accèderait à la majorité et renierait ses parents en préférant en choisir d'autres (Luc 15,11-32).

Jésus en incarnant Dieu, en souffrant et mourant sur la croix, accepte l'injustice des hommes. Mais en ressuscitant il les appelle à revenir vers Lui. Il ouvre une porte (Jean 10,7) dans le mur hermétique du péché (Ésaïe 59,2 – Éphésiens 2,14-18). La réconciliation est possible, et la colère en Dieu s'apaise, remplacée par l'espérance que les hommes accepterons sa proposition de réconciliation et de relation (Ésaïe 12,1).

Cependant, la colère de Dieu n'est pas totalement éliminée comme si Dieu n'avait plus de raison d'être en colère. Cette colère est apaisée ou plutôt différée (1Thessaloniciens 1,10), et elle ne vise plus ceux qui désobéissent à la Loi de Moïse, mais ceux qui rejettent le Christ : c'est ce que dit Jésus d'après l'évangéliste Jean : « Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a bien un juge : c'est la parole que j'ai dite qui le jugera au dernier jour » (Jean 12,48). C'est pourquoi en 1Thessaloniciens 2,16 Paul s'insurge contre ceux qui freinent l'annonce de l'évangile, assurant que le colère de Dieu est leur destinée (leur fin)1. C'est le même avertissement en Éphésiens 5,6 et Colossiens 3,6 contre ceux qui enseignent par de vains discours et de fait, s’opposent au Christ.

Si tout cela se comprend aisément à travers l'historiographie biblique, cela est aussi réel dans l'histoire de notre vie personnelle. Saurons-nous accepter le don de Dieu et, renouer le lien avec Lui ? Si nous entrons dans la nouvelle alliance nous le choisissons comme Seigneur de notre vie (Jean 20,28) c'est à dire que nous lui donnons notre vie (Luc 14,26-33), nous lui appartenons. Alors un sentiment apparaît en Dieu dont nous parlerons dans l'article suivant.

Questions pour méditer :

- Est-ce que je comprend que Dieu a de l'affection pour moi ?
- Est-ce que je comprend que si je me détourne de Lui, il puisse ressentir de l'injustice ?
- Est-ce que je comprend que Dieu a prévu pour moi une destinée incroyable, et qu'il serait triste que je passe à côté ?
- Comment est-ce que je considère la mort de Jésus sur la croix ? Comme une punition ou comme une rançon ? Si c'est une rançon, une rançon pour qui ?


Notes

1Thessaloniciens 2,16b ἔφθασεν δὲ ἐπ’ αὐτοὺς ἡ ὀργὴ εἰς τέλος peut se traduire de différentes manières, mais donne littéralement quelque chose comme : La colère arriva [ou devança, ou atteignit] sur [ou contre ; ou pour] eux en vue d'un achèvement. Je le traduirai volontiers : La colère les atteignit pour être leur destinée.

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