Qu’est-ce qu’un chrétien ? (2)

Matthieu 28,19-20 Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les pour le nom du Père, du Fils et de l'Esprit saint, 20 et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. Quant à moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

La dernière parole de Jésus selon l'Evangile attribué à Matthieu, est donc un triple commandement de :
- faire des disciples de toutes les nations
- les baptiser au nom de la trinité
- leur enseigner tout ce que Jésus a prescrit

L'évangéliste termine son évangile ainsi pour exhorter les chrétiens d'Antioche à mettre en pratique ce commandement. La mention de toutes les nations est une invitation faite à l’Église de sortir de son microcosme culturel1. Et l'Esprit-Saint, à travers lui nous exhorte, nous, et tous les chrétiens du monde entier et de toutes les époques (pas seulement les dirigeants des églises) à faire de même. Il est donc important de savoir ce qu'est un disciple si l'on veut obéir à ce commandement d'en faire.

« Comment devient on chrétien ? ». Le deuxième chapitre du livre des Actes, qui décrit la pentecôte, donne une réponse très claire2 à cette question. Après avoir prêché la bonne nouvelle, c'est à dire Jésus crucifié à cause de nos péchés, mais ressuscité d'entre les morts, les juifs présents ce jour là « eurent le cœur transpercé » et demandent à Pierre : « Frères, que devons-nous faire ? ».

Pierre leur dit : Changez radicalement ; que chacun de vous reçoive le baptême3 au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit saint (Actes 2,37-38).

Le processus est d'une simplicité et d'une pureté4 sans ambiguïté : pour devenir disciple de Jésus le Christ mort et ressuscité, il suffit d'entendre la bonne nouvelle pour avoir la foi5, de se laisser toucher (c'est à dire transpercer le cœur !6), de changer radicalement, et d'être immergé7 au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés.

C'est facile à comprendre, mais d'une grande exigence spirituelle.

Ceux qui suivent ce processus sincèrement, et persévèrent8, peuvent dire en toute confiance qu'ils sont chrétiens, disciples de Jésus, Saints9, et même bien-aimés10 de Dieu.

Questions pour méditer :

- Que devons-nous faire pour devenir chrétiens ?
- Est-ce facile à comprendre ?
- Suis-je capable de l'expliquer à d'autres ?
- Est-ce que je suis confiant dans mon salut ?


Notes

L'évangéliste Matthieu avait entre autres objectifs d'aider l'Eglise à se remettre de son exclusion de la synagogue.

Certains exégètes pensent que ce passage n'est pas suffisant, ou est inadapté car ne correspondant pas à la conversion de païens mais de juifs. Mais Théophile, ou les chrétiens, à qui sont adressés l'évangile de Luc puis les Actes (qui sont du même auteur et qui racontent la suite de l'évangile), n'étaient pas nombreux à être des juifs. Ils comprenaient ce passage comme adressé à eux d'abord. Bien sur, un passage ne peut être expliqué qu'en cohérence avec le reste de la Bible, ce que ne pouvaient pas faire les premiers chrétiens qui n'avaient pas tous les écrits du Nouveau Testament. Cependant il faut remarquer que la plupart des épitres s'adressent à des gens étant déjà chrétiens, et n'expliquent pas aussi clairement qu'Actes 2 comment on devient chrétien. En effet les auditeurs des lettres de Paul (par exemple) savaient déjà comment on devient chrétien.

Le mot grec peut nous éclairer un peu sur le sens de cette pratique essentielle pour le christianisme. Ici le mot exact est βαπτισθήτω (prononcer baptisthètô). Il s'agit d'un verbe à l'impératif aoriste passif 3e personne du singulier. Le sens grec du mot est : immerger, submerger. Pour les écrits en grec antérieurs aux écrits chrétiens, jamais on ne traduit ce verbe par « baptiser ». Cette traduction est en fait une « transcription ». On a prit le mot grec et on en a fait un mot français. Cela est déjà le cas dans la traduction latine (baptizetur) qui déjà a latinisé le terme. Mais un auditeur ou lecteur de langue grecque aurait bien compris de quoi il s'agit : immerger quelqu'un sous l'eau. C'est d'ailleurs ainsi que les baptêmes étaient pratiqués jusqu'au 5e ou 6e siècle si l'on se réfère à la contenance des baptistère dans les églises très anciennes (exemple : baptistère de l'Eglise St-Etienne à Lyon, à côté de la cathédrale St-Jean).

Cf. le ἁγνότητος – agnotètos, « pur » de 2Corinthiens 11,3

Romains 10,17

Cf Matthieu 13,1-9.18-23

Être immergé, est traduit être baptisé et est toujours au passif : on ne s'immerge pas soi-même. On ne peut pas dire « je me suis baptisé » ni « j'ai pris le baptême ». Car le baptême est un cadeau reçu de Dieu. Ce n'est pas un symbole de ce que je fais mais de ce que Dieu me donne de manière effective. Pour plus de détails voir : http://bereenne-attitude.com/bapteme/

Marc 13,13

2Corinthiens 1,1, Éphésiens 1,1, Philippiens 1,1

10  Romains 1,7

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