Question 6 : dans la doctrine de la satisfaction

A quoi sert l'incarnation ?

Pour mieux comprendre l'importance de l'incarnation dans le processus de notre salut il nous faut remonter à... Adam et Eve : que dit Dieu à Adam s'il mange de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ? « dans le jour [hébreu בַיוֹם] où tu en mangeras, certainement [redoublement du verbe en hébreu] tu mourras » (Genèse 2,17). Cela peut vouloir dire deux choses : 

1/ « le jour ou tu en mangeras , je te tuerai » : c'est ainsi, que le comprend la théologie de la satisfaction. Bien sûr les tenants de cette façon de penser expliquent que c'est Jésus qui meurt à notre place (2). Dans ce cas l'incarnation n'a eu lieu que parce qu'il fallait qu'un humain paye pour les péchés des humains. L'incarnation n'a alors qu'un rôle indirect (3) dans notre salut. 

2/ Mais Dieu ne dit pas « je te tuerai », il dit « tu mourras ». Imaginez que vous soyez sous traitement pharmaceutique avec un médicament très puissant (Lithium, digitaline...). Imaginez que vous ayez un jeune enfant. Vous lui dites, « tu ne dois pas manger ce médicament, car tu n'es pas fait pour ça, il serait trop fort pour toi, dans le jour où en mangeras, certainement tu mourras ! ». Adam et Eve ont mangé. Mais sont-ils morts ? Non, ils sont toujours biologiquement vivant après, mais leur vie est transformée : ils ont subi la conséquence de leur acte, conséquence immédiate (dans le jour) comme le leur avait promit Dieu : la mort spirituelle c'est à dire qu'ils sont devenus esclaves du mal (4).

Donc le péché a des conséquences. Il y a parfois des conséquences matérielles ou physiques, parfois non, mais il y a toujours des conséquences spirituelles.

Dans la pensée de la théologie de la satisfaction, quelqu'un doit venir payer (c'est à dire mourir) à notre place pour que nous soyons sauvés (de la mort). Mais alors on n'est sauvé que des conséquences (Jésus subit la conséquence à notre place), mais pas guérit de la maladie, le péché, qui est comme une mauvaise mutation, qui pourrait empêcher notre épanouissement. Donc même si Dieu pardonne, nous avons besoin de guérir. Nous avons besoin d'un remède.

Le péché c'est ce qui s'oppose au plan de Dieu. Lorsque nous utilisons mal notre liberté, nous nous opposons au plan de Dieu et nous sommes malades d'être coupés de celui dont le plan initial est de nous faire participer à la nature divine (2Pierre 1,4).

Le remède que Dieu a trouvé pour nous guérir et nous permettre de continuer son plan de création, c'est qu'un deuxième Adam vienne (lire Romains 5,12-21) dont nous pourrions être les descendants afin de ne plus descendre seulement du premier. Une fois que ce deuxième Adam (Jésus, le Fils de Dieu fait homme) a terminé sa mission, alors il nous faut naître de nouveau (Jean 3) pour être des fils (adoptifs) comme Lui.

C'est pourquoi l'incarnation est si importante et fait partie intégrante du plan du salut à part entière. Nous avions besoins de nouveaux « gènes ». Comme une thérapie génique avec des « gènes spirituels », qui conduisent à l'immortalité, car en suivant l'exemple d'Adam n°1 nous ne pouvons que nous diriger vers la mort spirituelle :
- 1Corinthiens 15,22 comme tous meurent en Adam, en Christ tous recevront la vie.- Esaïe 53,5 et dans ses plaies se trouvait notre guérison.

 

Questions pour méditer :
- Comment selon Genèse 3, Adam et Eve sont-ils morts « dans le jour » où ils ont mangé de l'arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais ?
- Si je ne perçois pas de conséquence tangible de mon péché, puis-je dire que ce n'est pas un péché grave ?
- Pourquoi suis-je directement concerné par l'incarnation ?
- Comment fait-on pour devenir un descendant du deuxième Adam ?
- Suis-je reconnaissant pour l'incarnation de la Parole de Dieu ?

 


Notes

1) L'incarnation c'est l'action de rentrer (in, dans ) la chair (-carn). C'est Dieu qui se fait chair, c'est à dire Dieu qui prend la condition d'homme.

2) Il faut remarquer ici que si on interprète le texte de cette manière, alors Dieu n'est pas vraiment honnête. Car il dit « tu mourras », mais il ne dit pas « tu mourras dans d'atroces souffrances, après avoir été flagellé, trahi et abandonné, incompris et humilié ». Si Jésus subit tout cela c'est parce que le diable est par nature méchant et qu'il a fait subir à Jésus ce qu'il y avait de pire. Comment Dieu pourrait-il se satisfaire de cela ?

3) Dans ce cas de figure, l'incarnation ne nous implique pas directement. Elle ne nous concernerait que parce que nous sommes humains. Cela n'impliquerait aucune action de ma part. Je ne serait que spectateur de mon salut et de l'incarnation. C'est la logique du salut par la foi « seulement » prêché par les premiers réformateurs (Luther, Calvin...)

4) La mort dont parle Genèse 2,17 n'est probablement pas une mort physique, malgré l'interprétation littérale traditionnelle. En effet, Adam et Eve ne sont pas morts « dans le jour, בַיוֹם ». Que s'est-il passé « dans ce jour » ? Ils ont perdu leur relation d'amour avec Dieu. Ils ont été caché aux yeux de Dieu (Genèse 3,8-10). Ils sont morts spirituellement.


...les promesses
les plus précieuses

et les plus grandes
nous ont été données,
afin que (...)
vous échappiez
à la pourriture
que le désir entretient
dans le monde
et que vous ayez part
à la nature divine.

2Pierre1,4


 

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